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Mur Blanc
Hilda Kozári En collaboration avec Joeita Gupta et Amanda Wong Conservatrice : Nina Czegledy 12 janvier - 16 février 2008 Réception d'ouverture : Samedi 12 janvier - 2 - 5 pm Communiqué de presse - White Wall
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Dans White Wall, l'artiste Hilda Kozári travaille avec deux jeunes femmes visuellement déficientes, Joeita Gupta et Amanda Wong, pour créer une installation multi-sensorielle de graffitis en braille, s'inscrivant dans une expérience olfactive parallèle. Hilda Kozári explore la perception sensorielle croisée, où l'on trouve les effets des senteurs aromatiques sur la mémoire, la perception et l'imagination. À travers un processus collectif d'exercices de mémoire, de dialogue et d'échange, l'artiste et ses collaboratrices transforment les pensées - et parfois les messages affectifs - en une exposition qui parcourt la culture des déficients visuels.
Table ronde : Samedi 12 janvier - 4 - 5 pm Modératrice: Nina Czegledy - Conservatrice Participante à la table ronde : Hilda Kozári - Artiste Joeita Gupta - Collaboratrice Anita Moyano - Éducatrice en orientation et mobilité - Balance Ellen Anderson - Fondatrice et directrice de Creative Spirit Art Centre Biographies : Hilda Kozári est une artiste visuelle vivant en Finlande. Elle s'intéresse à l'effet de l'odorat sur les émotions et sur l'expression visuelle. Elle a participé à l'exposition Moving in Margins au Vantaa Art Museum qu'elle a produite en collaboration avec des étudiants visuellement déficients. En 2006, elle a intégré son installation Memo-trip à la collection de la Galerie nationale finlandaise Ateneum. Ses nouveaux projets WHITE s'inspirent de la culture des visuellement déficients. Son installation « AIR, smell of cities » a été présentée à l'exposition Senses/Spaces Process au Contemporary Art Museum Kiasma en 2003 - 2004. La pièce était incluse dans l'exposition itinérante que SAUMA a présentée aux États-Unis, et figurera au Musée du Design de Helsinki. Cette installation olfactive urbaine constitue son oeuvre d'art la plus admirée. Elle est souvent présentée dans les blogues et magazines ayant trait à l'art, au design, aux parfums et aux modes de vie sur l'Internet. Nina Czegledy, artiste des nouveaux médias, conservatrice de musée et écrivaine, a collaboré à des projets internationaux, produit des oeuvres temporelles et numériques, et participé à des ateliers, forums et festivals dans le monde entier. ?What will you do? (pour Nuit Blanche) et ses projets d'art en collaboration avec le public pour The Aurora Feast, ont été exposés en 2006 - 2007. Elle a exposé avec le groupe ICOLS et le collectif Girls&Guns. Resonance, The Electromagnetic Bodies Project, Digitized Bodies Virtual Spectacles et Aurora Projects reflètent son intérêt art-science-technologie. Elle a été conservatrice de nombreuses expositions internationales d'art des nouveaux médias et programmes d'échange. Ses cours et conférences académiques ont souvent fait l'objet de publications dans le monde entier. Nina Czegledy est attachée supérieure de recherche au KMDI de l'Université de Toronto, professeure agrégée adjointe à l'Université Concordia (Montréal), membre honoraire de l'université Moholy Nagy (Budapest), et co-présidente de Leonardo Education Forum. Joeita Gupta est étudiante de premier cycle à l'Université de Toronto, en études sur les femmes. Amanda Wong étudie les beaux-arts à l'Université York. Elle est en premier cycle. Anita Moyano est éducatrice en orientation et mobilité chez Balance for Blind Adults. Son rôle consiste à apprendre aux personnes aveugles ou visuellement déficientes à se déplacer en toute sécurité dans leur communauté. Ellen Anderson est fondatrice et directrice du Creative Spirit Art Centre qui se consacre à l'intégration des artistes adultes atteints d'invalidité, dans la communauté des artistes du courant majoritaire.
Essai de Nina Czegledy, conservatrice d'art Installation plurisensorielle, oeuvre de l'artiste Hilda Kozári en collaboration avec Joeita Gupta et Amanda Wong, jeunes femmes visuellement déficientes, White Wall nous invite à pénétrer dans les territoires rarement explorés de la perception spatiale, de la mémoire et de l'imagination. L'installation incorpore des éléments olfactifs et tactiles, composés de graffitis en braille et d'une diversité de senteurs. Nous vivons alors une expérience poignante de notre relation complexe à la perception sensorielle. Pour ceux qui évoluent dans le monde privilégié des ''bien-voyants'', il va de soi que la vision fournit une source dominante d'information. Certes, on peut considérer que la vue apporte l'information la plus détaillée sur les propriétés significatives que possèdent les objets de notre environnement. Mais des études récentes démontrent que nos expériences perceptuelles sont formées d'interactions multiples et complexes entre les modalités sensorielles. Des essais cliniques indiquent que les sens ne sont pas seulement fondamentalement reliés, mais aussi que notre perception des événements visuels, auditifs ou tactiles peut être puissamment modifiée par les informations provenant des autres sens. Les ateliers participants de White Wall de Hilda Kozári qui ont précédé l'exposition se fondent sur des processus et comportent des débats sur place, en plus d'un partage des expériences qui s'étendent à la mise sur pied de l'installation. White Wall approfondit l'imagerie mentale que créent les participants visuellement déficients qui se servent, comme support artistique, de graffitis en braille mis en valeur par des senteurs aromatiques. L'imagerie mentale remplit un rôle primordial dans la conscience humaine : traitement de l'information, mémoire, raisonnement abstrait. Les questions qui entourent l'imagerie mentale ne datent pas d'hier. Dans les anciennes cultures, on réalisait déjà que l'on pouvait intensifier sa mémoire si les objets ou les actions étaient visualisés. Les Amérindiens, les yogis hindous et les anciens Grecs ont eu souvent recours à ce mécanisme. Kosslyn, qui a realisé une recherche poussée dans ce domaine, nous rappelle le postulat de Platon : les souvenirs ancrés dans l'esprit (qu'il comparait à des images gravées sur une tablette de cire) se fondaient sur des images. Louis Braille (1809 - 1852) a inventé le langage éponyme en 1821. Le système de Braille se fonde sur un mode de communication qui fut mis au point, à l'origine, par Charles Barbier. En effet, Napoléon III avait demandé à ce dernier d'inventer un code dont les soldats pourraient se servir pour communiquer en silence et sans lumière la nuit, baptisé « écriture nocturne ». Le système de Barbier étant trop complexe, l'armée le rejeta. En 1821, Barbier rencontra Louis Braille, qui trouva la principale défaillance du code et modifia ce dernier en utilisant une grille de six points en relief, arrangés sur une grille de deux points horizontaux et trois points verticaux. Ainsi fut inventé le braille, qui révolutionna la communication écrite des aveugles. Le braille engage notre sens tactile. Toucher implique une certaine intimité - notion parfois controversée, à une époque où le contact direct se trouve de plus en plus souvent remplacé par des appareils commandés à distance. Certainement, la mémoire et les images mémorisées - profondément enracinées et souvent inconscientes - servent à identifier, interpréter et compléter la perception. Ces images mentales ou ces modèles mentaux influencent aussi la capacité d'apprendre et de traduire les notions apprises en cours d'action. Il faut noter qu'un genre particulier de « traduction » participe au processus sensoriel. Le terme « traduction » se réfère d'ordinaire à l'acte de transposer les mots d'une langue dans une autre langue. Mais dans ce projet, la « traduction » sert à élargir le concept dans un cadre de référence agrandi, et englobe à la fois « l'interprétation » situationnelle et la « transposition » sensorielle dans un large contexte. Tandis que dans notre expérience quotidienne, nous occupons et employons de plus en plus l'espace numérique/virtuel - les artistes comme Hilda Kozári choisissent de considérer la présence physique et de travailler avec. Aujourd'hui, la plupart des médias interactifs se fient à la technologie qui a donné une nouvelle forme à notre expérience dans le quotidien, et se reflète dans l'expression artistique. White Wall considère des interactions alternatives et une technologie alternative. Ce projet traditionnel, structuré autour du thème de la perception sensorielle, questionne la connaissance du corps humain, et nous aide à développer « le troisième oeil ». Dans ce cas, Hilda Kozári travaille à travers les graffitis en braille, composés à partir d'un tissu tactile, voluptueusement enveloppé de senteurs. Le texte fade est inscrit en braille sur un tissu monté à même un mur blanc : la consistance est inattendue, la « trace » des empreintes de mains subsiste. Le projet sert de preuve tangible d'investigations théoriques particulières dans le domaine de la perception humaine et des architectures participantes. Les facultés sensorielles des participants comme des visiteurs subissent une influence interactive et une stimulation subtile. L'exposition White Wall de Hilda Kozári soulève les problèmes d'espace, de temps, de participation du corps, de mémoire, ainsi que des questions de médiation. L'expérience de chaque visiteur à l'exposition enclenchera son niveau particulier de conscience sensorielle croisée. En conclusion, la conscience sensorielle, englobant la perception spatiale, concerne en majeure partie les développements sociaux et culturels de la communication directe et instantanée. Ceci présente un intérêt particulier, puisque l'espace est perçu - par-delà notre environnement immédiat corporel - comme une facette de la science, de l'art, de la culture et du commerce. White Wall nous rappelle que notre réalité se constitue de composantes distinctes mais étroitement liées. En sondant des métaphores contemporaines, l'artiste espère tirer de nouvelles lumières des complexités et possibilités de la perception humaine.
Remerciements particuliers à : Kathryn Walter / FELT La Galerie CRAF reconnaît avec gratitude l'appui de ses adhérentes, bénévoles et des commanditaires suivants : Conseil des arts de l'Ontario, Conseil des arts du Canada et Toronto Arts Council. |